Cimetière Indien

Note indicative sur les deux cimetières de
Saint-François dont le cimetière Indien

Une spécificité socio-historique marque la Commune de Saint-François, de par l’existence de deux cimetières sur son territoire.

Le premier situé dans l’agglomération a porté pendant longtemps le nom de « Cimetière des Blancs ».

Le deuxième plus éloigné, à proximité de la plage des Raisins Clairs, se dénomme encore aujourd’hui « Cimetière des Indiens » .

A l’heure actuelle, aucune recherche historique n’a expliqué ce phénomène humain. Seule la mémoire collective livre ses hypothèses et ses rumeurs.

 

Pour ce qui concerne le premier cimetière, les faits sont bien établis. Il accompagne la création de la Cité aux 17-18ème siècles. Réservé bien entendu aux maîtres et colons, c’était le bien privilégié du repos éternel des Blancs.

 

Les esclaves n’y avaient pas accès. Ils étaient enterrés ici et là, souvent sur les habitations sucrières.

Il se dit alors qu’à un moment donné, on décida de leur consacrer un coin retiré couvert de grands arbres. D’abord pour les suicidés. Ce coin serait le coin où plus tard s’édifia le deuxième cimetière. La mer de temps à autre livre des restes de squelettes.

Toujours est-il, après l’abolition de l’esclavage, les Noirs entreprirent la conquête du « Cimetière des Blancs » ils eurent ainsi leur cimetière même si le carré des Blancs demeura pendant longtemps intouchable. Ils abandonnèrent leur coin perdu au bénéfice de leur intégration et de la reconnaissance d’hommes libres qu’ils étaient devenus.

 

De 1854 à 1889, les Indiens débarquèrent dans le pays. La terre guadeloupéenne accueille leurs premiers morts. Pas question d’incinération comme le veut leur tradition.

De plus, pour l’Eglise catholique, ce sont des païens. Ils n’ont pas droit à la terre des Chrétiens. Et là, nait la première hypothèse qui voudrait que les autorités religieuses de l’époque refusèrent d’enterrer en terre chrétienne ces Indiens. Donc exclusion du premier cimetière ! On leur alloua pour régler le problème, le lieu jadis réservé aux esclaves.

Mais la mémoire fait état de deux autres explications :                            

 

D’une part, on raconte que quelques Indiens, en attente de leur retour en Inde, campèrent  sur le bord de la mer (leur Gange), espérant prendre là, le bateau pour Pondichéry. Vaine espérance ! Ils moururent sur le sable et furent ensevelis sur place. Ce serait l’acte de naissance de ce deuxième cimetière.D’autre part, on rapporte aussi, que compte tenu de la situation conflictuelle entretenue par les colons entre Noirs et Indiens, les Noirs s’opposèrent à la présence de défunts d’origine indienne aux côtés des leurs, dans le premier cimetière.

De la sorte, frappée par l'exclusion et l'interdit, dénigrée jusqu'à la mort, cette communauté indienne se résolut à s'approprier le bien attribué vraisemblablement maudit aux yeux des autres.

Faure d'égalité même devant la mort, les indiens assumèrent courageusement et dignement, le respect de leur défunts.   

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